Lundi 12 mai 2008

par Z.Boussen

Espérance ou déclin

 

Quel avenir pour l’homme en ces temps indécis,

Lorsque le lendemain dessert les pires craintes,

Déversant par légions, dans les cœurs, les esprits,

Le doute meurtrier des illusions défuntes ?

 

Quel est donc cet espoir qu’on peut encor nourrir

Au regard de ce monde empêtré dans la guerre,

Au regard d’une vie enlisée, à guérir,

Qui se fane bien vite et se meurt éphémère ?

 

Un bien sombre présent que celui où le corps

Est réduit au néant ; celui d’un tas de viande

Qu’on acquiert, que l’on vend et qui baise et qui dort

Sous les yeux pervertis de l’argent qu’on marchande.

 

Et la voix du seigneur qui devait nous guider

La voilà détournée au profit du mensonge

Se faisant défenseur, de par ses plaidoyers

Des pires intérêts, sans tarir de louange.

 

Et s’il n’est d’espérance, ou semblant d’avenir

Alors que le déclin incessamment s’approche

Faut-il baisser les bras, faut-il donc en finir

De ce monde où l’humain, à plus rien ne s’accroche ?

 

Gorgonzola   ©

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Mardi 29 avril 2008

par Z.Boussen
" La science est présente pour nous rappeler, incessament l'étendue de notre ignorance "

Anonyme
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Jeudi 17 avril 2008

par Z.Boussen
" Lorsque l'homme a soif, il croit pouvoir boire l'eau de tout un océan : c'est la foi.
Mais lorsqu'il se désaltère, il ne boit guère plus d'un verre ou deux : c'est la science.
"

Tchekov
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Mercredi 16 avril 2008

par Z.Boussen
" Science sans conscience,
N'est que ruine de l'âme.
"

Rabelais
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Lundi 14 avril 2008

par Z.Boussen
Il est dans le rôle de chacun de promouvoir ceux en qui il croit.

Je veux simplement dire que si vous pensez le mériter, vous pouvez ici, demander à faire publier vos poèmes sur mon blog... je le ferais avec plaisir en respectant bien sûr tous les droits qui sont les vôtres... simplement pour faire bénéficier certains de la lisibilité de mon blog, qui n'est pas négligeable... déjà 3000 visiteurs en 2 mois d'ouverture...

Encore merci à vous !
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Vendredi 11 avril 2008

par Z.Boussen
" A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire ! "

Le Cid (Corneille)
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Jeudi 10 avril 2008

par Z.Boussen
" Dans chaque plaisanterie, il y a un fond de vérité... "

Anonyme
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Mercredi 9 avril 2008

par Z.Boussen
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Mardi 8 avril 2008

par Z.Boussen

Chroniques de la pitié

Ou comment attirer sur soi

la compassion d’autrui,

quand on a une vie de merde.

 

 

-----XI-----

 

La vie est une battisse. Une immense construction qui ne cesse de s’élever, de s’enrichir et d’évoluer au cours du Temps. Elle repose sur une terre, sur La terre dans laquelle elle s’enfouit et à laquelle elle s’accroche. Notre âme, notre cœur sont cette terre.

Elle repose, comme tout bâtiment se doit de l’être, sur des fondations solides profondément encrées sous terre. D’innombrables piliers forment ces fondations. Les énumérer prendrait un temps fou, mais il est possible d’en citer quelques uns : l’amour, l’amitié, la justice, la solidarité, l’égalité, le courage, la générosité, et d’autres encore.

Lorsqu’un être vient au monde, sa vie n’est pas plus haute que trois pommes. En conséquence, ses fondations ne sont pas profondes et ne comptent que quelques piliers ; deux pour être exact : l’amour et l’instinct.

Tous deux sont d’une solidité sans faille, fièrement dressés et sans nulle crainte. Le premier nous vient de ceux qui nous chérissent le plus alors que nous leurs sommes étrangers, nos parents. Ils nous bercent dans un monde dont nous ne percevons qu’une infime lueur et dont nous ne soupçonnons même pas l’étendue. Ils érigent ainsi le premier pilier.

L’autre nous vient de la nature et dans les deux cas, il n’y a ni accord ni refus, ils sont là, un point c’est tout.

Puis avec le Temps, comme un chef de chantier, la vie se voit rajouter de nouveaux étages. Et tout niveau nécessite que le bâtiment soit encore plus solidement fixé au sol ; il y a donc obligation de rajouter des piliers. C’est ainsi qu’apparaissent l’amitié, la justice, la solidarité, l’égalité, le courage, la générosité, et d’autres encore. Mais le Temps ne juge pas, il travail. Et n’a donc aucun avis critique sur la forme, le fond ou l’apparence et se contente tout juste de construire. C’est ainsi qu’il arrive que des piliers plus sombres, plus dangereux mais tout aussi solides, apparaissent eux aussi. Le besoin, l’hypocrisie, l’égocentrisme, la prétention, le mensonge, le doute, et tous s’élèvent autour d’un pilier central : l’instinct.

Toute la demeure commence à faillir d’un côté ou d’un autre. Quelques piliers feignent de lâcher : la justice ou l’espoir. Il arrive que d’autres succombent et cèdent : la générosité ou la sincérité. Alors que d’autres s’implantent plus solidement encore et comme la gangrène, infectent toute la construction.

 

Un jour, il faut s’arrêter. Regarder Sa battisse de la vie et en tirer des conclusions. Quels piliers tiennent encore et lesquels ont cédés ? Combien d’étages ai-je ajouté ? Et combien ai-je supprimer par mes actes ? Lesquels je tiens à garder et desquels dois-je me débarrasser ? Cela ne peut pas faire de mal de tout remettre en question et l’on ne part satisfait, on ne quitte ce grand chantier heureux que lorsque l’on fait le bilan de tout cela.

 

Le mien est facile à faire. Les grands, gros piliers me soutiennent sans faille : la solitude et l’espoir. Aussi contradictoires soient-ils, ce sont les miens. Je n’en suis pas satisfait mais c’est comme cela. Je peux changer mais qu’il est dur de le faire !

J’ai perdu la justice le jour où j’ai compris qu’il fallait qu’elle soit pilier universel pour qu’elle ait un sens et une utilité, ce n’était pas le cas. J’ai perdu l’amour après la mort de mes parents, les deux ; Dieu les bénisse. Et l’amitié n’a jamais été chez moi qu’une vulgaire colonne vide et étroite. Mais il y a une chose dont je suis fier, c’est d’avoir amoindri la taille de mon pilier des instincts et ai utilisé sa matière pour couler celui de la raison.

J’ai planté en surface le jardin des sarcasmes avec quelques plantes d’ironie pour camoufler l’horrible réalité de mes tréfonds. J’ai érigé une grande grille à l’entrée : scepticisme. J’ai arraché la plaque qui indiquait l’adresse de cette entrée à coups de silence. J’ai brûlé le paillasson de bienvenue dans le feu de l’ingratitude et me suis terré au plus haut, tout dernier étage à l’abri de tous, étranger à ce monde bouillant, rapide et insatiable. Ce dernier étage je l’ai ajouté après avoir coulé le pilier de la pitié.

L’étage est immense et d’innombrables pièces le composent. Je n’ai pas fini de toutes les explorer et chaque jour j’en découvre une nouvelle. Je ferme certaines à clé et je laisse d’autres ouvertes. Mais bien vite, je me suis rendu compte que d’autres, des intrus, avaient les clés de certaines portent et qu’ils n’hésitaient pas à les rouvrir et à pénétrer dans ma vie un poignard à la main.

 

Ce fut ainsi jusqu’au jour où un immeuble s’éleva à mes côtés. Les mêmes piliers, le même  nombre d’étages, les mêmes proportions. Ce jour là, en regardant par la fenêtre de mon dernier étage, je ne voyais plus le néant. Je voyais une autre fenêtre, d’un tout autre dernier étage, d’un autre immeuble que le mien. Et je voyais à travers la fenêtre le même agencement des pièces et la ressemblance me troubla comme jamais.

Presque simultanément, soudainement, deux mêmes étages des deux immeubles s’écroulèrent et disparurent en même temps : l’étage de la solitude.

 

La sonnette de la porte d’entrée de la brocante tinta, me tirant de mon rêve, de mes pensées.

La locataire de l’immeuble d’en face était là.

 

« Bonjour, lança t-elle doucement.

-          Bonjour, répondis-je machinalement. »

 

Deux mêmes piliers dans les fondations des deux immeubles se renforcèrent.

 

« J’ai trouvé ce mot, sur le pas de ma porte, elle tendit la petite lettre que j’avais glissée devant la maison de l’ami-chauve.

Je bégayai. Des bruits incompréhensibles sortirent de ma bouche et je suis sûr que j’étais plus rouge qu’une tomate.

« Ce n’est pas grave, ne vous inquiétez pas, lança t-elle. Je suis venue vous rendre visite. »

 

Elle était belle. Simplement belle. Splendeur sans faste ni apparat. Et mois j’étais ridicule, rouge, confus.

Elle s’approcha.

« Voulez-vous prendre un café ?

-          Oui.

-          Allons-y alors.

 

Je pris mon manteau. Rangeai Gorgo, mon singe en bois, dans le tiroir du haut et sorti en fermant la boutique à clé.

 

Patience… Il est un temps à tout mais il ne faut pas brusquer le grand maître. Il sait ce qu’il fait, il faut juste se faire guider et agir au bon moment.

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Dimanche 6 avril 2008

par Z.Boussen

Chroniques de la pitié

Ou comment attirer sur soi

la compassion d’autrui,

quand on a une vie de merde.

 

 

-----X-----

 

 

La fantaisie.

 

Comme une mélodie qui vous berce, qui vous cajole et qui vous emporte, comme une brise fraîche qui vous arrache à la vie, comme un songe qui vous habite, comme un espoir qui vous emplit, vous la voyez partout, vous la sentez partout et vous la déposez partout.

La fantaisie est ces yeux qui pétillent, ces larmes qui dansent et virevoltent mais sans jamais couler. Elle est ce regard toujours en éveil et sans cesse curieux. Elle est ce sourire à demi voilé qu’on ne retient pas. Elle est ces sens décuplés par on ne sait quelle cause. Elle est cet esprit tourmenté par la vie. Elle est l’optimisme, ou comment voir l’espoir vous faire un signe de la main derrière le pan de la robe du malheur qui le dissimule.   

Certains l’ont acquise par la souffrance, la solitude, l’abattement ou le malheur et ils en vivent. Pour d’autres, elle a été le fruit d’un bonheur inespéré ou d’un amour inattendu et ils en vivent. D’autres encore, sont nés avec, et ils en vivent. Alors que certains la heurtent sans cesse et sans répit au béton du mur de la raison, et ils en meurent. Car, nous en vivons tous, sans nous en rendre compte, et à qui la renie et la dénigre, elle ne répond plus.

 

Quelques fois, le matin de Tunis est propice à l’éveille de ma fantaisie. Je me réveille avec un sentiment qui relève de l’indicible, de l’incompréhensible, d’ailleurs.

Ce fut ainsi, ce matin là.

Je me réveillai par un soleil radieux. Après avoir mangé, m’être préparé, je pris une feuille blanche comme mon bureau en recèle des centaines et des milliers. Je pris un stylo et sans même y réfléchir, sans préméditation, j’écrivis au milieu : « A moins que l’on en veuille pas, l’amitié s’entretien au-delà des sacrifices, des plus insignifiants aux grands majeurs… ». Pas de signature, pas un mot de plus, je la glissai dans une petite enveloppe, elle aussi blanche.

Ce matin là, je parti à pied à la brocante. Sur ma route, il faisait beau. Et moi qui déteste le beau temps, j’en étais ravi, et ne pouvais en tenir rancune à qui que ce soit, même pas à Lui.

 

Au détour d’une rue, je vis la maison de l’ami-chauve se dresser de toute sa hauteur, derrière une clôture on ne peut plus garnie. Je n’avais pas remarqué comme elle était belle, la derrière fois. En même temps, j’étais venu de nuit, étourdit et fatigué. Mais ce matin là, je la vis très bien entretenue, très agréable à regarder, encore plus à s’y installer, sûrement. Toujours sans planification au préalable, je m’approchai de la grille d’entrée. Poussée délicatement, elle était ouverte. Je gravis les quelques marches qui me séparaient de l’entrée, je déposai la petite lettre sous l’interstice de la porte et retournai sur mes pas.

Personne ne me vit, pas même moi-même.

Je continuai ma route.

 

Tout était calme dans La Rue, car c’était ainsi que nous l’appelions tous, La Rue.

Ainsi, car c’était la plus importante. En réalité même, car c’était la seule. La seule rue qui comptait vraiment dans la vie de cette poignée de gens dont je faisais partie. Elle faisait vivre des enfants ; des vieux et leurs vieilles de la maison de retraite, où je n’allais jamais ; la blonde –charcuto-coiffeuse ou coiffo-charcutière, peu importe- ; et puis le garagiste, la brute lustrée à l’huile de moteur ; le café, aussi, où je me rendais de temps à autres pour tabasser et m’en prendre quelques unes ; et puis, il y a avait ma brocante, en plein milieu de La Rue.

S’il fallait un jour rompre tout lien entre La Rue et le reste de la capitale, le reste du monde même, tout se passerait comme si de rien n’était : la Rue est indépendant de tout, si ce n’est des livreurs qui y viennent pour ma brocante, pour la charcuterie ou pour le café. Elle était un havre de paix, de calme et de douceur. Et qui passerait par là, trouverait l’endroit bien agréable…

 

Seulement, La Rue a une face cachée. Un visage qu’elle ne dévoile qu’avec le temps, aux habitués. Une facette sombre, sinistre et diabolique.

Venez, passez par là ! Vous verrez ces enfants se battre, se moquer, jusqu’à blesser, des vieux d’en face. D’ailleurs, ces derniers sont tout autant pernicieux. Ne les avez-vous jamais vu chuchoter entre eux et vous observer, juste après, passer avec le regard d’une hyène guettant sa carcasse ? N’avez-vous jamais vu leur front se plisser et leurs rides s’écraser les unes sur les autres pendant qu’ils vous dévisageaient avec dégoût ou haine ?

Qui ne connaît pas l’endroit trouverait mignon ces vieillots assis sous leur porche, dans leur rocking chair. Mais qui insisterait du regard, verrait cette malice que le temps qui leur a passé dessus, leur a laissé en vestige et cette animosité passive que la mort leur a envoyé en éclaireur et qu’ils ont adoptés à défaut de la refuser. Et puis, on ne peut honnêtement dire que la blonde soit un symbole de joie de vivre et d’enthousiasme avec son sourire forcé, son visage marqué par la fatigue et la peine et ces locaux, chaque jour plus vides encore.

Ai-je besoin de parler du garagiste ? Sa gueule de suie et ses mains brûlées ne sont pas ce qu’il y a de plus chaleureux et de plus accueillant !

 Et puis, ne comptez pas sur moi pour vous souhaiter la bienvenue. Je me terre derrière ma vitrine et ne sourirais à personne pour un million.

 

La Rue est une ruine qui intériorise sa décadence et n’affiche que le bonheur et la sérénité. Ne faisons-nous pas tous ainsi ? Qui prétendrait le contraire ? Partout, l’hypocrisie parasite les relations, parasite les regards et les mots et contamine même l’air que l’on respire.

Car cette hypocrisie est la seule défense contre la pitié des gens, ce sentiment qui n’a rien d’honorable, rien de valorisant, la seule protection contre le mépris de ceux qui ne savent que ce qu’ils voient.

 

La pitié vient du cœur en un instant et repart tout aussi rapidement. Alors, ne reste que le mépris. Voilà ce dont les habitants de La Rue veulent se protéger. Ni par pudeur, ni par timidité, mais par honte. Honte de la pitié.

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Samedi 5 avril 2008

par Z.Boussen
" Je suis pour la tolérance, mais il y a une limite à la tolérance et c'est l'intolérable. "

J.d'Ormesson citant son père
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Vendredi 4 avril 2008

par Z.Boussen

Sur la rive d’un fleuve, étendu sur la terre

Une fleur se réveille aux rayons du matin

Se penchant doucement sur l’eau qui désaltère

Elle boit la nature et jouit du festin.

 

En ce jour de printemps, elle fait son entrée

Sans nul autre apparat que ses pétales d’or

Dans la cour des plus grand, sur la scène enviée

Du théâtre du temps, de ce coffre à trésor.

 

Soudain, voyant au loin une blanche colombe

Qui ses ailes répand, préparant son essor

La voilà qui l’envie et qui creuse sa tombe

Et se retrouve ainsi dans les tourments du sort.

 

La toute jeune fleur tout fraîchement éclose

Aura donc succombé à l’attrait de l’envol

A vouloir imiter cet oiseau grandiose

Elle étendit sa tige et se brisa au sol.

 

Dans son songe glorieux d’atteindre les nuages

Dans son rêve perdu de quitter ce décor,

La fleur a oublié ce que dit cet adage :

Toujours demeurer soi, l’ambition est un tort.

 

Gorgonzola ©

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Jeudi 3 avril 2008

par Z.Boussen

S’il fallait ici énumérer les grands écrivains qui ont marqué le siècle passé, nous n’en finirions jamais. Ils se sont démarqués par leur talent, leurs idées, leurs opinions, leurs orientations, leurs critiques ou leurs éloges et ils ont imprégner notre manière de réfléchir et de concevoir le monde, la vie, la nature et toutes les entités qui nous entourent.

 

S’il y a un écrivain dont je retiendrais l’œuvre, c’est sans doute, aucun, Franz Kafka. Ce germanophone a été l’instigateur d’une idéologie critique très prisée au XXe siècle. Il a traité de la politique qui desservait certaines fois, et tout particulièrement à son époque d’avant guerre, un gouvernement totalitaire, oppressif et labyrinthique dont le principal rouage était la justice qu’il présente comme un engrenage difforme et indispensable, corrompu et méprisable, car tout puissant et intouchable.

 

C’est dans l’optique d’une réflexion profonde et d’une aventure humaine que je vous conseil très vivement de lire Le procès : roman phare de l’écrivain. Je voudrais tout juste ajouter quelques mots pour vous conseiller de choisir une version ordonnée de l’œuvre –qui n’a d’ailleurs jamais été close par son auteur- et une comportant les passages biffés ou incomplets ainsi qu’une explication ou un commentaire du roman pour bien saisir l’ampleur du texte de Kafka.

 

Bonne lecture à tous.

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Mercredi 2 avril 2008

par Z.Boussen
Voilà un nouveau poème...

En deux parties, c'est sans doute le plus élaboré et le plus compliqué de mes poèmes. Mais étant aussi celui qui m'a demandé le plus d'effort, c'est aussi un de ceux que je préfère...

Assemblée d'un sombre automne

---------I---------

Par une sombre nuit d’un automne orageux,
Une de ces soirées où vos tourments vous hantent,
Peuplant tous les recoins sinistres, ténébreux,
Mon âme dépérit près de la mort qui chante.

Par une morne nuit d’un automne ombrageux,
Lorsque la pluie se plaît à nous taler d’angoisse,
Lorsque le vent se rit par souffles dédaigneux
De nos bonheurs taris, mon ardeur se fait lasse.

C’est un soir de novembre en reclus décidé
Quand bercé d’illusions naquit la convoitise
De retrouver l’amour perdu puis envolé
Ou bien celui là même inconnu par sottise.

Une immense assemblée, auditoire attentif
Siégeait à mes côtés en cercle tutélaire ;
A ma droite trônait en grand maître instructif
Précepteur de l’esprit le Silence exemplaire.

La Prière en amie, assidue prudemment
Susurrait à mon ouïe oraisons de détresse.
Plus loin dame Espérance ornée élégamment
Jurait de sa parole allouant des promesses.

A ma gauche tout près, les anges sont debout
Dominant tout le monde à leurs pieds, ils indiquent
De leur doigt éloquent les fédérés du Fou
Que j’observe à mon tour ; mes craintes se compliquent.

Ils étaient bien obscurs dans tout leur apparat
Maculé d’infamie et de mornes délires,
Offrant sournoisement un portrait bien ingrat
Mal, Désespoir et Mort cherchent à me détruire.

---------II---------

Soudain un bruissement. Dans un épais brouillard,
Le Silence s'éclipse, gracieusement, placide.
Et un susurrement exprime tout l’égard
Que le débat entraîne. Il faut rester lucide !

Puis solennellement, l’Emotion fait un pas
En me sollicitant par d’exquises paroles :
« Toi, poète acharné, qui n’as peur du trépas,
Intrépide enflammé des sublimes idoles,

Part ! Va-t’en découvrir la clé de ton bonheur
La raison de ta vie et le cœur de ta quête !
»
A cette élocution, empreinte de ferveur,
Se dressa le Désir, d’un aspect malhonnête

Et dit : « Exactement ! Tous, c’est ce qu’il nous faut !
Un tout nouveau départ et qu’enfin l’on renaisse !
»
La salve de louanges parvînt aux triomphaux
Semant ici stupeur. « Mon Dieu, que cela cesse ! »

Par un accès d’angoisse, se dressa la Raison
« Pensez à la souffrance et au mal qui vous guète !
N’avez-vous rien appris de mes appréhensions ?
L’amour est un mirage et aussi votre perte !

Il ne faut vous jeter dans la gueule du loup !
»
A ces mots retentis, l'audience divisée
Poussa des cris confus entre accord et dégoût.
La Sagesse, royale, était, là, érigée :

« L’amour a pris la fuite et le bon sens voudrait
Que le cœur s’en détache. Epuisement, tristesse ;
Voilà donc le butin ! Il n’est que ça de vrai !
»
Mon esprit tourmenté est voué à Faiblesse.

Gorgonzola
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Dimanche 30 mars 2008

par Z.Boussen

« Mon jeune ami, reprit Atala, tu as été témoin de mes combats, et cependant tu n’en as vu que la moindre partie ; je te cachais le reste. Non, l’esclave noir qui arrose de ses sueurs les sables ardents de la Floride est moins misérable que n’a été Atala. Te sollicitant à la fuite, et pourtant certaine de mourir si tu t’éloignais de moi ; craignant de fuir avec toi dans les déserts, et cependant haletant après l’ombrage des bois… Ah ! S’il n’avait fallu que quitter parents, amis, patrie ; si même (chose affreuse) il n’y eût eu que la perte de mon âme ! Mais ton ombre, ô ma mère, ton ombre était toujours là, me reprochant ses tourments ! J’entendais tes plaintes, je voyais les flammes de l’enfer te consumer. Mes nuits étaient arides et pleines de fantômes, mes jours étaient désolés ; la rosée du soir séchait en tombant sur ma peau brûlante ; j’entrouvrais mes lèvres aux brises, et les brises, loin de m’apporter la fraîcheur, s’embrasaient du feu de mon souffle. Quel tourment de te voir sans cesse auprès de moi, loin de tous les hommes, dans de profondes solitudes, et de sentir entre toi et moi une barrière invincible ! Passer ma vie à tes pieds, te servir comme ton esclave, apprêter ton repas et ta couche dans quelque coin ignoré de l’univers, eût été pour moi le bonheur suprême ; ce bonheur, j’y touchais, et je ne pouvais en jouir. Quel dessein n’ai-je point rêvé ! Quel songe n’est point sorti de ce cœur si triste ! Quelquefois en attachant mes yeux sur toi, j’allais jusqu’à former des désirs aussi insensés que coupables : tantôt j’aurais voulu être avec toi la seule créature vivante sur la terre ; tantôt, sentant une divinité qui m’arrêtait dans mes horribles transports, j’aurais désiré que cette divinité se fût anéantie, pourvu que serrée dans tes bras, j’eusse roulé d’abîme en abîme avec les débris de Dieu et du monde ! À présent même… le dirai-je ? À présent que l’éternité va m’engloutir, que je vais paraître devant le Juge inexorable, au moment où, pour obéir à ma mère, je vois avec joie ma virginité dévorer ma vie ; eh bien ! Par une affreuse contradiction, j’emporte le regret de n’avoir pas été à toi ! »

Extrait d’Atala de F.R. de Chateaubriand (Le drame)

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Samedi 29 mars 2008

par Z.Boussen
guerre.jpgDe l'ignominie des hommes - La guerre

Une avalanche d’obus,
Déferlante sanguinaire,
S’abat en milliers d’abus,
Blessant de partout la terre.
Les rivières sont en sang
Et les forêts calcinées.
La mer baigne les mourants ;
Les montagnes sont brisées.

Le ciel se charge d’odeurs
Que la mort laisse en vestige.
Le vent porte les clameurs
Des souffrances, du vertige
De ces êtres décimés,
Tas de chair déchiquetée,
Amas de corps entassés,
De la foule sidérée.

Un enfant se tient debout,
Au milieu de l’hécatombe,
Le regard scrutant partout
Le champ rasé par les bombes.
Pas un sanglot pas un pleur.
Rien qu’un peu de solitude.
Et un regard de stupeur
Qu’il jette à la multitude.

Multitude du néant,
Où les senteurs de la poudre
Se marient aux relents
Des corps frappés par la foudre ;
Par ces éclairs du trépas :
Ces mitrailles, ces grenades
Qui évincent sans tracas
Mille vies par tornades.

Dieu s’empresse de créer,
L’homme anéantit la vie.
Il se plaît à la voler
Sans penser à sa survie.
Il s’avance au long chemin
Des plus malsaines dérives.
Il mourra bientôt. Demain,
Une nouvelle aube arrive…

Le soleil va s’éveiller
Sur un tout nouveau carnage
Que la lune a observé
Sur ce tout jeune visage.
Le regard vide et absent,
Couché au sol, le teint pâle,
Le cœur meurtri à présent,
Il n’entend plus aucun râle.

L’enfant s’est endormi,
Pliant au poids de la peine.
L’impensable s’est produit ;
Cette terre est son domaine.
La vie, elle, suit son cours
Tout autour de ces cadavres,
Privés très tôt de secours ;
Dame nature est leur havre.

Gorgonzola ©

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Vendredi 28 mars 2008

par Z.Boussen

« Cependant l’obscurité redouble : les nuages abaissés entrent sous l’ombrage des bois. La nue se déchire, et l’éclair trace un rapide losange de feu. Un vent impétueux sorti du couchant, roule les nuages sur les nuages ; les forêts plient ; le ciel s’ouvre coup sur coup, et à travers ses crevasses, on aperçoit de nouveaux cieux et des campagnes ardentes. Quel affreux, quel magnifique spectacle ! La foudre met le feu dans les bois ; l’incendie s’étend comme une chevelure de flammes ; des colonnes d’étincelles et de fumée assiègent les nues qui vomissent leurs foudres dans le vaste embrasement. Alors le grand Esprit couvre les montagnes d’épaisses ténèbres ; du milieu de ce vaste chaos s’élève un mugissement confus formé par le fracas des vents, le gémissement des arbres, le hurlement des bêtes féroces, le bourdonnement de l’incendie, et la chute répétée du tonnerre qui siffle en s’éteignant dans les eaux. »

Extrait d’Atala de F.R. de Chateaubriand (Les chasseurs)

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Jeudi 27 mars 2008

par Z.Boussen

La nuit des sans abris

 

C’est une froide nuit d’un hiver sans pitié

Qui pleut sournoisement sur la ville déserte

Les cœurs, les maisons, partout, tout est fermé,

En oubliant souvent ceux que l’espoir déserte.

 

Mais ils sont toujours là, tapis dans le néant

Le regard pâle et vide, et dénué de rage

Les membres engourdis et transis par le vent

A l’ombre de l’éclat qui luit dans les ménages

 

Ils souffrent de la nuit, qu’ils maudissent en vain

Ils chassent le malheur, gémissent en silence

Au creux du désespoir qui se fait le témoin

De ce vide à combler, de cette vie d’errance.

 

Mais nul ne tend la main aux hommes sans logis

Qu’on laisse, là, pourrir en marge de ce monde

Jetés le soir venu. La nuit des sans abris

Refoule tout espoir, quand, là-haut, leur cri gronde.

 

Gorgonzola ©

 

 

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Mercredi 26 mars 2008

par Z.Boussen

« Oh ! que de larmes sont répandues, lorsqu’on abandonne ainsi la terre natale, lorsque du haut de la colline de l’exil, on découvre pour la dernière fois le toit où l’on fut nourri et le fleuve de la cabane, qui continue de couler tristement à travers les champs solitaires de la patrie ! »

 (Epilogue)


Extrait d’Atala de F.R. de Chateaubriand

 

 

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Mardi 25 mars 2008

par Z.Boussen
« Les douleurs ne sont point éternelles ; il faut tôt ou tard qu’elles finissent, parce que le cœur de l’homme est fini ; c’est une de nos grandes misères : nous ne sommes pas même capables d’être longtemps malheureux. » (Les funérailles)

« Ainsi passe sur la terre tout ce qui fut bon, vertueux, sensible ! Homme, tu n’es qu’un songe rapide, un rêve douloureux ; tu n’existes que par le malheur ; tu n’es quelque chose que par la tristesse de ton âme et l’éternelle mélancolie de ta pensée ! »

(Epilogue)


 

Extrait d’Atala de F.R. de Chateaubriand


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Sans prétention... Moi.

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  • : Ma vie est un mystère... Moi même n'en connais que très peu de choses. Vous voulez en savoir plus ? Contactez-moi, on fouillera le plus possible.

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